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La Chapelle Jeanne d’Arc organise la sixième édition de son programme La Rencontre. Cet événement offre une occasion privilégiée de découvrir les coulisses de l’exposition en compagnie de l’artiste Guillaume Linard-Osorio. Accès gratuit, ouvert à tous.
Pour le Centre d’Art Contemporain La Chapelle Jeanne d’Arc, le projet est né du refus d’ajouter une forme extérieure à un lieu déjà rempli d’images et de récits. Guillaume Linard Osorio a choisi de travailler depuis l’intérieur même de son système visuel, en déplaçant ses conditions de perception plutôt qu’en le complétant. Le point de départ est l’absence de trois vitraux de la nef, recherchés puis retrouvés à Saumur dans l’atelier du Maitre verrier à qui la Ville avait confié leur restauration 31 ans plus tôt. La condition de leur retour devient une matière active : ils sont réintroduits non comme éléments restaurés, mais comme images réagencées dans un dispositif qui interroge leur statut.
Dans la crypte, ces vitraux sont présentés sur des racks de stockage. Éclairés artificiellement, ils ne sont plus des fenêtres mais des objets autonomes, des fragments d’image détachés de leur fonction architecturale. La lumière y est produite, simulée, recréée sans soleil. L’image, coupée de son origine fonctionne seule, tel un simulacre. Dans la nef, de multiples miroirs sont placés à la jonction des fenêtres et des murs : les vitraux se dédoublent et se prolongent dans une circulation sans point fixe. Le regard passe d’une image à l’autre sans parvenir à distinguer ce qui relève de la présence, du reflet, ou de leur superposition. L’image entre alors dans un système autonome qui ne renvoie plus au réel mais à un réseau d’images déjà médiatisées. Dans le chœur enfin, des lentilles Fresnel géantes viennent déformer les scènes figuratives des vitraux. Les corps se déforment, les récits se disloquent, la lisibilité disparaît. Là où devait se produire une narration sacrée ne subsiste qu’une instabilité optique : l’image ici résiste à sa propre signification.
Ainsi La réponse du Nitrate d’argent interroge le moment où les images cessent de renvoyer au monde pour se répondre entre elles. La lumière n’y révèle plus seulement les formes : elle produit un espace de reflets, de déformations et de déplacements où chaque image devient la condition d’une autre.